Bibliographie psychologie-psychanalyse

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Ouvrage Psychologie

L’incapacité d’être seul : essai sur l’amour, la solitude et les addictions

L’incapacité d’être seul :

Essai sur l’amour, la solitude et les addictions

                                                    de Catherine Audibert

Certaines personnes ressentent une véritable angoisse à l’idée d’être seules. Pour y remédier, elles déploient inconsciemment des stratégies addictives: alcool, drogues, mais aussi sport, amour, sexe… Dans cet essai étonnant qui bouscule nos certitudes et éclaire, avec l’addiction et la solitude, deux des principaux maux dont souffre notre société, Catherine Audibert révèle aussi pourquoi une « bonne » solitude, une solitude sereine, est absolument nécessaire à notre équilibre psychique.

La jalousie

jalousie préambuleLa jalousie, préambuleLa jalousie est un sentiment humain vécu par tous mais qui n'a pas toujours bonne presse. Elle est à la fois susceptible de montrer à l'autre qu'on tient à lui, ou au contraire mener à des actes et des conduites extrêmes. On la retrouve dans un versant tragique sous la plume de Shakespeare où Othello va jusqu'au meurtre de sa femme ; ou plus quotidiennement au sein des couples au sujet de sorties nocturnes, de fréquentations etc. 
mécanisme jalousieLes mécanismes de la jalousieNos rencontres nous apportent du plaisir, c'est bien pour cela que nous cherchons le contact avec les autres. Rendre service, discuter avec un ami d'un sujet qui nous passionne ou encore aimer plaire aux autres et capter leurs regards sont autant de buts que nous cherchons à satisfaire dans nos relations. Lorsque le jaloux s'insurge des échanges que sa partenaire a avec les autres, c'est qu'en effet il perçoit qu'elle prend du plaisir avec d'autres que lui ! Seulement, il se trompe alors de scène... 

D’où provient la jalousie?

La jalousie féminine

Désir et jalousie

Homosexualité et jalousie

La jalousie pathologique

Les symptômes psychosomatiques

On parle de névroses d’organe, d’affections ou de médecine « psychosomatique » pour désigner des aspects de la pathologie générale qui sont en relation avec la vie consciente et surtout inconsciente. Il existe des sujets qui réagissent de manière prévalente par des habitus pathologiques de longue durée ou cycliques par de vraies maladies (tuberculose, asthme, hypertension etc.), qui expriment un style particulier de personnalité.

Les troubles psychosomatiques peuvent aller de l’allergie, à l’eczéma jusqu’à certaines formes beaucoup plus graves, comme le cas de certains cancers.

Le diagnostic psychosomatique

Il semble qu’on puisse dégager de toutes les recherches une « personnalité psychosomatique ». On retrouve souvent dans leur histoire des accidents qui menacent sérieusement la vie. Ces personnes répondant aux formes graves des affections psychosomatiques : tuberculoses à rechutes, troubles cardio-vasculaires graves, ulcères hémorragiques, etc.

Chez eux, on relève une forme particulière d’immaturation, dans laquelle le psychisme paraît insuffisamment armé pour « distancier » certains conflits et les canaliser dans des conduites caractéristiques de la vie de relations. Les conflits se déchargent alors dans l’appareil viscéro-végétatif. Dans cet esprit, on peut dire que le malade psychosomatique ne pleure pas : il a une crise d’asthme. Il n’exprime pas sa colère, il devient hypertendu. Il ne va pas de l’angoisse à la névrose ou au délire, mais de l’angoisse à la mort.

A Paris, on pourra citer l’Institut Psychosomatique de Paris (IPSO), spécialement chargé de travailler et de prendre en charge ces troubles. On trouve aussi des services hospitaliers dédiés comme l’AURA, l’institut de psycho néphrologie. C’est dire si médecine et psychologie peuvent se rejoindre pour ces prises en charge.

Les médecins se sont intéressés aux problème les plus remarquables par leur fréquence et leur valeur exemplaire :

  • en pathologie respiratoire : l’asthme et la tuberculose pulmonaire ;

  • en pathologie endocrinienne : la maladie de Basedow, le diabète et le rhumatisme chronique ;

  • en pathologie cardio-vasculaire : l’hypertension artérielle et les infarctus viscéraux ;

  • en dermatologie : le psoriasis et certains eczéma ;

  • en pathologie nerveuse : la migraine

  • et enfin, tout le domaine de l’allergie.

L’exemple de l’allergie (1)

la variabilité des allergènes chez le même sujet, la possibilité de réactions à des sentiments (asthme de Trousseau, déclenché par sa colère), à des images (asthme de Proust), à des rêves (Jacquelin), comme aussi les paradoxes des traitements (l’allergique réagit à tout ou à rien), suffisent à manifester qu’on ne peut se contenter de poursuivre le dépistage d’une substance nocive ou d’un processus physiologique isolé de son contexte psycho-social.

Les psychosomaticiens ont beaucoup étudié « la personnalité allergique » : labilité émotionnelle, dépression latente, revendication affective permanente… Rappelons les importants travaux psychanalytiques de P. Marty qui tendent à démontrer l’existence d’une relation aux autres spécifique chez l’allergique.

La psychothérapie

En début de psychothérapie, le patient est appelé à comprendre que le thérapeute va s’intéresser à autres chose qu’à ses symptômes d’ordre physique. Il n’y a pas de protocole « type » dans la prise en charge : tantôt brusquée, tantôt patiente, parfois appliquée à tout le cours d’une maladie chronique, ici plus analytique et là plus rationnelle, tantôt appuyée sur des médicaments, tantôt utilisant comme instruments des modifications du cadre familial ou social.

(1) H. Ey, P. Bernard et C. Brisset, Manuel de Psychiatrie, Masson 6ème édition, Paris

A lire : Les maladies dites "imaginaires", enquêtes sur les douleurs et les symptômes inexpliqués 

Les-maladies-dites-imaginairesEn livrant une synthèse passionnante des apports médicaux, des neurosciences et des théories psychologiques le Dr Alain Autret, neuropsychiatre et professeur de médecine, montre qu'elles sont le produit d'un formatage des modalités de réaction au stress dans l'enfance. En sachant que chacun façonne ses symptômes et s'adapte selon sa propre histoire. Et que l'anxiété aggrave les symptômes et vice-versa. Il faut comprendre ce qui se joue pour permettre de guérir. En apprenant à gérer le stress, on peut s'investir dans des activités récréatives, rectifier le fonctionnement cérébral et retrouver le plaisir de vivre. 

Manuel de psychiatrie

À l’occasion des 50 ans de la 1e édition du Manuel de psychiatrie, Elsevier Masson réédite ce grand classique qui a marqué de façon déterminante plusieurs générations de psychiatres. Cet ouvrage constitue une des dernières œuvres théoriques qui rende compte de la globalité du champ psychiatrique. C’est, à ce titre, un document unique sur l’histoire de la psychiatrie. « Ce Manuel réédité témoigne de la vitalité et de la postérité de la pensée de trois hommes dont la vision croisée nous est encore aujourd’hui indispensable. » J.-D. Guelfi

« Vingt ans après sa disparition, l’œuvre d’Henri Ey apparaît comme un modèle d’équilibre entre références théoriques et cliniques, inspiration philosophique et pragmatisme, s’appuyant sur une conception humaniste du sujet souffrant perçu dans sa globalité. Au-delà du scientifique, nous avons voulu évoquer son engagement dans les grands sujets de réflexion de son époque et son militantisme au quotidien qui ont largement contribué au développement d’un modèle de psychiatrie ‘ à la française‘. J.-R. Cohen L’information psychiatrique

Les maladies dites « imaginaires »

Les maladies dites « imaginaires »

Enquêtes sur les douleurs et les symptômes inexpliqués

                                                        du Docteur Alain Autret

Des affections qui se manifestent par des symptômes bien réels mais que la médecine n’arrive à rattacher ni à une lésion ni à une maladie au sens classique. Elles vont de l’hystérie du passé aux multiples douleurs chroniques sans cause. Et pourtant l’imagerie cérébrale et les techniques de neurosciences sont là pour prouver que le cerveau a acquis un mode de fonctionnement particulier. Déviant mais bien réel.

En livrant une synthèse passionnante des apports médicaux, des neurosciences et des théories psychologiques le Dr Alain Autret, neuropsychiatre et professeur de médecine, montre qu’elles sont le produit d’un formatage des modalités de réaction au stress dans l’enfance. En sachant que chacun façonne ses symptômes et s’adapte selon sa propre histoire. Et que l’anxiété aggrave les symptômes et vice-versa.
Il faut comprendre ce qui se joue pour permettre de guérir. En apprenant à gérer le stress, on peut s’investir dans des activités récréatives, rectifier le fonctionnement cérébral et retrouver le plaisir de vivre.

Corps… Vous jouirez!

Corps…vous jouirez ?

Beaucoup de problèmes et d’inhibitions sexuels peuvent être dus à une méconnaissance du corps, des mécanismes biologiques ou encore par manque de dialogue avec son ou sa partenaire. L’apport de la sexologie dans ce domaine a été considérable et a pu aider de nombreux patients et couples. Se construire en tant que couple, c’est aussi construire une vie sexuelle (voir le livre du mois de décembre 2017 : Le petit Larousse de l’entente sexuelle pour une sexualité de couple épanouie 1).

Pour autant, est-il possible de jouir sans entraves, tout le temps et avec tout le monde comme l’idée peut se répandre dans le monde social ?  Si on a pu penser que la libération sexuelle aurait pour conséquence une facilitation des comportements sexuels, éjaculation précoce, impuissance et frigidité sont toujours de la partie ! Finalement, la sexualité des femmes n’est pas moins conflictuelle que par le passé, et celle des hommes n’ont plus !

L’apport de la sexologie

La sexologie prend son essor dans la moitié du 20ème siècle, suite à la libération sexuelle de mai 68. Une de ses expériences fondatrices (W. H. Masters et V. E. Johnson (2)) a exploré la physiologie de la relation sexuelle. Elle fut réalisée pendant l’acte sexuel ou les séances de masturbation des participants. Toutes les recherches réalisées depuis ont apporté une meilleure connaissance de l’anatomie et de la physiologie des organes sexuels, et bien sûre des thérapeutiques adéquates pour de nombreux patients.

Mais une fois toutes causes organiques écartées, comment expliquer la persistance de certains troubles sexuels ?

La sexualité est d’abord individuelle et chaque personne y réagit différemment. En témoigne la variabilité des conclusions des études sur l’orgasme vaginal ! Tout simplement car il n’y a pas le corps d’un côté et les fantasmes de l’autre. La sexualité humaine est une psychosexualité. L’ouverture à la dimension inconsciente de la sexualité permet de comprendre comment des femmes ayant une anse colique à la place du vagin peuvent avoir des orgasmes ou encore ceux obtenus par des femmes africaines excisées.

Une sexualité inconsciente qui se construit depuis l’enfance

Le sexuel se vit et se construit dès la naissance, dans la relation avec les parents. Ils bercent, caressent, et prennent soin de leur bébé. Les différentes parties du corps de l’enfant deviennent des sources de plaisir, notamment lorsqu’elles sont sollicitées par l’adulte lors des soins ou de l’allaitement comme la bouche, l’anus et la zone uro-génitale. Cette excitation est diffuse au départ, c’est à dire qu’elle n’est pas reliée à une pensée précise chez le bébé. La recherche d’un gain de plaisir à partir de toutes les zones du corps (exemple du suçotement) a comme conséquence qu’il n’y a pas chez l’être humain une correspondance entre la pénétration et le sexuel. Ce dernier prend sa source à de nombreux endroits du corps (oreilles, nuques, bouche etc.). La notion de zone érogène ne définit pas simplement un lieu dans le corps, mais l’inscription du fantasme dans la chair.

Au cours de l’enfance se constituent des fantasmes et des désirs investit de libido (de sexuel) pour les personnes prenant soin de lui. Nous retrouvons le fameux complexe d’œdipe ! Puis, vient la période dite de latence avec le refoulement des fantasmes et de la sexualité infantile. C’est tout ce matériel inconscient qui imprime sa marque sur la spécificité individuelle de la vie sexuelle de chacun d’entre nous, mais c’est aussi elle qui peut devenir source de conflits à l’intérieur du sujet et entraîner des dysfonctionnement sexuels. L’inconscient contribue aussi bien à notre jouissance qu’à nous en empêcher en cas de conflit psychique (frigidité ou impuissance).

L’exemple de la domination masculine peut également éclairer notre propos : si la domination masculine se retire peu à peu de la réalité sociale et politique, les fantasmes sexuels, eux, restent bien présents : « pour simplement l’imager, on peut être un homme fervent défenseur et militant des droits de la femme et ne parvenir à éjaculer que si la femme est en levrette. L’inconscient fait de la résistance, il est politiquement incorrect. » (3)

Voilà notamment pourquoi la libération sexuelle ne traduit pas pour autant une levée du refoulement et des conflits psychiques ! La sexualité humaine est une psychosexualité, le noyau est inconscient et elle s’enracine dans la sexualité infantile.

L’histoire d’Hercule (4)

Nous choisissons d’évoquer l’histoire de ce patient devenu fétichiste du caoutchouc. Cela peut sembler un peu particulier comme illustration mais l’histoire d’Hercule montre bien comment il a construit ses fantasmes enfant, dans la relation à sa mère prenant soin de lui, et comment, une fois à l’âge adulte, cette sexualité infantile demande à s’exprimer pour qu’il puisse accéder au plaisir.

Hercule est un homme de 35 ans qui vient consulter car depuis quelques mois, sa compagne ne supporte plus qu’il ait besoin qu’elle porte un tablier en caoutchouc pour la désirer… Il peut lui faire l’amour sans mais il n’en éprouve alors que peu de plaisir. Mais comment a pu se constituer une telle fixation ?

Lorsqu’ Hercule raconte son enfance, il évoque l’investissement assez obsessionnel des tâches ménagères chez sa mère. Elle ne faisait rien dans la maison, y compris prendre soin de lui, sans porter un de ses nombreux tabliers en caoutchouc. Pour Hercule, « le caoutchouc devient alors, de manière assez étrange, le principal représentant de la féminité maternelle. Les tabliers de caoutchouc prennent place dans la catégorie des « jolis vêtements ». Ils évoquent la coquetterie maternelle et résument ainsi les représentations que l’enfant se donne de la féminité. » Devenu adulte, il éprouve le besoin que sa femme en porte, de sentir le caoutchouc pour que l’excitation sexuelle soit au rendez-vous…

France Bernard

1-Dr Laura Berman,Le petit Larousse de l’entente sexuelle, pour une sexualité de couple épanouie, Editions Larousse 2011 (traduction française)

2-Aldo Naouri, Adultères, Odile Jacob, 2006

3- Jacques André, La sexualité masculine, Que sais-je ?, PUF 2013

4- Didier Dumas, « Un cas de fétichisme du caoutchouc ou l’impossibilité d’idéaliser le sexe paternel », In La sexualité masculine, Editions Albin Michel, 1990

Le Petit Larousse de l’entente sexuelle

Le Petit Larousse de l’entente sexuelle

Pour une sexualité de couple épanouie

Comment se libérer de ses inhibitions et avoir plus confiance en soi ? Comment nouer une relation plus à l’écoute du désir de l’autre ? Comment mieux s’aimer ? Quelles sont les positions qui procurent le plus de plaisir ?…

Ce guide, illustré par de nombreuses photographies et riche en témoignages, deviendra votre livre de chevet et vous aidera à avoir une vie sexuelle plus épanouie.

« C’est le sexe qui fait la différence entre des amants et de simples amis. Une relation de couple signifie bien plus qu’une simple connivence (…) cela dit, partager une sexualité de couple réjouissante est un objectif plus ambitieux qu’il n’y paraît. Vous trouverez peut-être que les préliminaires sont trop courts, ou que votre partenaire manque d’audace.

Avec une vie professionnelle bien remplie et des enfants, comment préserver une intimité sensuelle et voluptueuse avec votre partenaire, qui vous enthousiasme, vous passionne et vous épanouisse ?

En tant que sexologue et thérapeute de couple, cela fait 20 ans que j’aide les hommes et les femmes qui viennent me voir à trouver des réponses à leurs attentes, des solutions à leurs difficultés. Quels que soient leur âge, leur histoire familiale, leur situation de famille et leur profession, je leur donne des conseils pratiques. Certains de mes patients ont été victimes d’abus sexuels, d’autres ont vécu une relation extraconjugale, d’autres encore cherchent à comprendre leur orientation sexuelle et leur libido, sans compter ceux qui ignorent tout de l’anatomie et du fonctionnement de leurs organes génitaux. Mais tous ont besoin d’amour et de tendresse (…). »

Laura Berman

La plainte des maîtresses d’hommes mariés

 

D’un point de vue extérieur, on ne comprend pas vraiment ce qui pousse ces femmes à rester des années durant des maîtresses d’hommes mariés. Lorsqu’elles en parlent autour d’elles, elles font ressentir à quel point ce qui les lie à ces hommes est irrationnel, c’est à dire à quel point des tendances inconscientes les font s’enliser et rester à la merci de cette situation. Dans l’attente permanente, seuls de brefs moments vécus dans une grande excitation viennent illuminer leur relation.

« Je te donne tout, et toi ? »

Craignant d’être quittées si elles réclament ce dont elles ont véritablement envie, elles se soumettent constamment à ce que l’autre leur impose. Elles attendent alors patiemment de prendre la place de la femme, de l’épouse.

Du côté des hommes mariés, c’est justement à travers cette configuration qu’ils trouvent leur équilibre : d’un côté, l’épouse, la mère, source de tendresse, et de l’autre celle avec qui ils vivent leur sexualité, une femme objet de désir.

La relation est profondément asymétrique du point de vue des attentes et des implications affectives : alors que lui attend d’elle l’assouvissement de ses désirs sexuels, elle, attend tout de lui : tendresse, amour, sexualité.

Ce type de relation entraîne une très grande souffrance morale. Dans leurs discours, il revient souvent qu’elles ne peuvent adresser des demandes à l’autre, et que dans tous les cas, leurs rencontres et leurs échanges dépendront du temps que pourra accorder/trouver le mari par rapport à sa famille. Elles se retrouvent constamment dans un état de frustration, de désir inassouvi et d’attentes de preuves d’amour :  » Certaines femmes témoignent de leur extrême souffrance lorsqu’elles se définissent amèrement comme des « putes gratuites »(Le genre de la souffrance amoureuse 1).

La souffrance est d’autant plus accentuée que cette relation doit rester cachée. Le « caché » est facilement associée à la honte, en même temps qu’à un grand désarroi : aucun partage d’anniversaire, de Noël, ne pas connaître ses amis, sa famille. 

Le sexuel comme fondement des relations

Souvent, ces relations vont se résumer à la dimension sexuelle, à l’assouvissement des désirs masculins. La peur du mari de s’investir avec une autre femme ou la peur que la relation vienne prendre trop de place et qu’ils finissent par être découvert jouent également un rôle. Du côté des maîtresses, la crainte de le perdre si elle le frustre, peut les amener à tout accepter de lui. 

Ces femmes sont particulièrement attentives à satisfaire sexuellement leur partenaire « attention qui par ailleurs les renvoie – lorsque leurs besoins affectifs ne sont pas reconnus ou satisfaits par l’homme – symboliquement aux relations prostitutionnelles et génère un sentiment d’humiliation spécifique ». (1)

Si le désir n’est pas intriqué à l’amour, elles risquent de vivre un sentiment de déchéance, d’être radicalement renvoyées à l’éprouvé de n’être que ce petit bout de corps accrocheur du désir, à la place de prostituée, désirée, pénétrée.

Je me « shoot » de toi

Malgré la description qu’elles font de leurs états émotionnels, elles ne peuvent pour autant y mettre un terme, elles y sont liées coûte que coûte. Le vocabulaire qu’elles emploient pour qualifier ces relations a certaine résonance avec le vocabulaire des toxicomanes, ce qui montre combien la dépendance à l’autre est forte, et combien le besoin impérieux de l’autre doit être assouvi. La relation est inarrêtable. Ces éléments renvoient à l’extrême souffrance qu’elles subissent de la part de l’autre, et le besoin de l’objet extérieur (le mari), lui seul pouvant leur donner le « shoot » lorsqu’elles le voient et le manque absolu lorsqu’il s’en va.

Le rappel de la dépendance vient signaler le type de relation qu’elles mettent en place : elles feraient parties des personnalités que l’on appelle dépendantes.

Chez ce type de personnalité, l’autre est investit comme un objet de besoin. Son rôle est de combler le manque insupportable qu’elles peuvent ressentir. C’est d’ailleurs pour cela que les personnes souffrant d’addictions ont souvent ce type de personnalité, sauf qu’eux, pour s’extraire de ce manque insupportable de l’autre, s’imagine que le toxique va les en extraire (mieux vaut la substance que vivre en manque de l’autre!), et c’est alors le toxique qui devient l’objet censé les combler.

Cela questionne enfin ce qui se joue inconsciemment chez elles et qui les poussent, contre leur gré, à se laisser « maltraiter » par l’autre, à se mettre dans une position où elles subissent, où elles ne s’autorisent pas à réclamer une vraie place, à affirmer leurs propres désirs, et finalement à se mettre dans des relations où la seule place qu’elles obtiennent est celle qui les fait tant souffrir : n’être qu’un objet sexuel.

France Bernard

(1) – Marie-Carmen Garcia, « Le genre de la souffrance amoureuse. Souffrances et résistances de femmes « maîtresses » d’hommes mariés », Pensée plurielle 2015/1 (n°38), p. 123-141.

    

Le couple et son histoire

Le couple et son histoire

                                    D’Eric Smadja

Le couple et son histoire révèle toute la complexité de cette réalité conjugale, vivante et composite – corporelle, sexuelle, psychique et socioculturelle – évoluant selon une temporalité intriquée et s’inscrivant à l’entrecroisement de plusieurs histoires. Elle est traversée par une pluralité de courants d’investissements pulsionnels antagoniques et animée par des conflictualités multiples, internes et externes, en tension permanente entre elles.

L’ouvrage suit le découpage narratif de plusieurs histoires choisies : socioculturelle, épistémologique, « naturelle » (celle du cycle de vie conjugale scandée par des étapes critiques et mutatives), et thérapeutique (celle du couple entreprenant un travail psychanalytique).

Elles sont traitées suivant une approche pluri et interdisciplinaire (historique, sociologique, anthropologique et psychanalytique) qui permet d’esquisser une représentation générale et intelligible, mais irréductiblement hétérogène, de cette réalité conjugale, notamment contemporaine.

Psychiatre, psychanalyste, membre de la Société Psychanalytique de Paris, thérapeute de couple et de famille, Eric Smadja est aussi anthropologue. Lauréat du prix de la contribution exceptionnelle à la recherche psychanalytique décerné par l’Association Psychanalytique Internationale en 2007, il a écrit notamment Le rire et Le complexe d’œdipe, cristallisateur du débat psychanalyse/anthropologie.