La ménopause, regards croisés entre gynécologues et psychanalystes

Sous la direction de Pascale Bélot-Fourcade et Diane Winaver

La féminité s’inscrit dans une temporalité marquée par des crises impliquant des remaniements subjectifs, des modifications de l’image corporelle et du réel du corps dans sa physiologie. Au long de ces textes, se déroulent et se développent des questions cliniques précises, ordonnées autour de la sexualité, de l’identité des femmes à l’épreuve du temps.

Des hypothèses et de réelles avancées sont proposées ici conjointement par les gynécologues et les psychanalystes, dans la nomination, la définition de ce temps physiologique, alors que nous savons que le désir n’est pas réglé par le réel du corps mais par une organisation du langage qui fait de l’humain un animal si loin de la nature, et de l’homme et de la femme des êtres si peu en symétrie. Des questions cliniques précises, ordonnées autour de la sexualité, de l’identité des femmes à l’épreuve du temps, sont explorées.

Sur quelle légitimité et quelle reconnaissance peut se fonder, pour les femmes, cette autre période de la vie ? Dans quel échange, leur sexualité peut-elle s’inscrire alors même que la maternité ne recouvre plus ni ne limite la féminité ? Ne risquent-elles pas de se confronter à une nouvelle intolérance sans limite, où ce qui était permis devient obligatoire dans une injonction à rester jeune à tout prix dans le registre de la consommation mais aussi dans la haine des âges de la vie ?

Pascale Bélot-Fourcade, psychiatre, psychanalyste (Paris) ; Diane Winaver, gynécologue, membre fondateur de la Société de gynécologie et d’obstétrique psychosomatique (Paris).

L’ « inconscient à ciel ouvert », ou le retour du refoulé en temps de confinement, de Véronique Cauhapé

Plus que la maladie elle-même, c’est souvent l’isolement qui afflige, comme en témoignent psychologues, psychiatres et écoutants de centres d’appel.

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Les deux mots sont venus la cueillir un soir, au fond de son canapé : « A bras. » Oubliée depuis plus de trente ans, l’expression dont elle usait, toute petite, pour réclamer un câlin, a soudain resurgi, au terme d’une deuxième semaine passée entre les murs de son appartement.

« Le manque de contact humain commençait à peser plus lourd et a probablement contribué à faire remonter des choses profondes », se hasarde cette femme de 40 ans, troublée autant que bouleversée par l’épisode. Lequel n’a rien d’étonnant, selon les médecins et les thérapeutes qui, en ces temps perturbés, sont en première ligne pour constater le phénomène. « Le confinement met notre inconscient à ciel ouvert », résume ainsi joliment Frédéric Tordo, psychologue clinicien et cofondateur, avec Serge Tisseron, d’un diplôme en cyberpsychologie à l’université de Paris.

Inédite, la situation du confinement dont on sait désormais qu’elle durera jusqu’au lundi 11 mai, favorise à des degrés divers, selon les individus, le retour du refoulé.

« En brouillant notre rapport au temps, en nous isolant, même à plusieurs, le confinement interroge l’extrême solitude de l’être humain. Il exacerbe le mal-être, réactive les traumatismes, met à nu les manques et déficits que la vie a installés, ébranle certaines de nos valeurs, interroge nos priorités et pousse aux remises en question », souligne la psychologue et psychanalyste Cécile Acket qui, comme nombre de ses collègues, parvient à maintenir le lien avec ses patients grâce à la téléconsultation.

Lire le focus : Apprivoiser ses émotions, un défi en temps de confinement

Dans ces échanges établis à distance, le confinement occupe une place prépondérante. « Chacun attend qu’on le rassure, l’aide à trouver un cadre, car beaucoup craignent de ne pas pouvoir s’en sortir », souligne la psychologue. Les centres d’appel (SOS Amitié, Suicide Ecoute, La Croix-Rouge…) en témoignent qui, jour et nuit, recueillent la parole de ceux qui s’inquiètent ou paniquent. « Neuf personnes sur dix me parlent du confinement. Sur toutes celles que j’ai eues au téléphone, une seule m’a parlé du coronavirus », constate cette écoutante de Suicide Ecoute.

Fantômes, non-dits et frustrations

Plus que la maladie, c’est donc l’isolement qui afflige. Et sa prolongation de quatre semaines, annoncée lundi 13 avril par le président de la République, ne pourrait apaiser tous les esprits.

« Ne plus pouvoir sortir constitue une contrainte très forte pour les personnes déjà fragiles, remarque Pascale Dupas, présidente de Suicide Ecoute. Car elles sont coupées de rituels ou de rendez-vous – comme le café du matin à une terrasse, un cours de théâtre, de cuisine ou d’entraide collective… – qui, ordinairement, leur permettent de maintenir un certain équilibre. » Pour ces femmes et ces hommes, les centres d’écoute sont une bouée de sauvetage, une aide qui, certes, ne soigne pas mais soulage.

« “Vous êtes mon Doliprane”, nous a dit l’autre jour un appelant, souligne François Gourdault-Montagne, chargé de la communication de SOS Amitié. Cela montre à quel point notre travail agit dans l’immédiat et offre un répit au mal-être, aux angoisses, aux états dépressifs que le confinement exacerbe. »

Lire aussi  « En confinement, notre pire ennemi, c’est l’incertitude, source de beaucoup d’anxiété »

Les plus solides aussi peuvent craquer. Cet homme, par exemple, qui soudain privé de son activité professionnelle, a appelé pour confier « qu’il vivait désormais avec un sentiment d’étouffement, au point de suffoquer », raconte Pascale Dupas. Ou cet autre qui, n’ayant plus rien pour se distraire, seul chez lui, voyait revenir ses vieux fantômes.

Pour les couples et les familles, ce sont les vieilles rancœurs, les non-dits et les frustrations qui, parfois, refont surface. Le refoulé craquelle et contamine tout le monde, créant parfois des situations explosives. « Le confinement place chaque membre du couple ou de la famille sur un système défensif qui ne favorise pas la disponibilité à l’autre », souligne le psychiatre Gérard Macqueron. « Dès lors les tensions montent, qui débordent parfois au-delà de ce que l’on pouvait imaginer. »

L’isolement crée une béance, un état de malaise et d’insatisfaction. Il place chacun face à une réalité nouvelle, une impuissance d’agir sur son environnement qui peut générer colère ou (et) anxiété, faire basculer l’équilibre d’un individu ou d’un collectif.

« Cette situation d’un monde qui s’arrête soudain nous met face une inconnue qu’on ne peut ni penser ni se représenter. Cela a pour effet de provoquer une sidération. D’où la nécessité, pour nous, d’aider chacun à se faire une représentation de cet inconnu, par une image concrète par exemple, et de se reconstruire un cadre dans lequel il va pouvoir redevenir acteur, et non simple spectateur de ce qui arrive », explique Frédéric Tordo.

« Mais vous, comment faites-vous ? »

Si certains osent confier se sentir bien, voire mieux et apaisés, depuis le confinement – en particulier ceux pour qui la relation sociale exige un effort, ou ceux que le travail assujettit à beaucoup de stress –, ils demeurent rares.

« La plupart de mes patients, même les moins angoissés, sont très inquiets, constate le psychiatre Gérard Macqueron. Non seulement sur la pandémie et sa dangerosité, mais aussi sur la façon dont ils vont pouvoir, par la suite, vivre avec. Comment va-t-on pouvoir sortir du confinement, reprendre une existence normale ? Quel impact économique cette crise va-t-elle entraîner ? Quel sera le prix à payer et qui va payer ? Telles sont les questions qui reviennent très souvent lors de mes téléconsultations. A ce stade du confinement, les anxiétés de l’après-crise viennent s’ajouter à celles générées par les contraintes de l’isolement. »

Coup de gueule du Dr Céline Causse sur les violences

Il y aurait tant de choses à dire sur la violence envers les femmes. Sur la violence tout célinecourt. Sur la violence de certains hommes mais aussi de certaines femmes.

Je prendrais le temps d’y réfléchir et d’écrire un post.
Tout ça me met très en colère.
A titre personnel et professionnel.
Comment apprendre à gérer autrement sa violence interne que par un passage à l’acte sur la femme que l’on dit aimer.
Frapper n’est pas aimer.
Comment faire prendre conscience à l’homme violent de sa propre violence. Car la difficulté principale est la. Il minimise ( ça va! N’exagère pas! Il faut toujours que t’en fasse des tonnes) , renvoie la faute sur l’autre (le fameux tu l’as un peu cherché quand même), nie son passage à l’acte (je ne les souviens plus avec bien trop souvent l’alcool comme excuse), joue la victime ( je suis vraiment une merde) pour se faire pardonner, et la femme pardonne, voire culpabilise, ou pire se sent fautive de la violence de son mec. Et se remet en cause. Sans parler de la honte d’accepter ce que l’on sait bien inacceptable.
Alors ce que j’aimerais un jour, et là je pense qu’on aura vraiment avancé, j’aimerais que les hommes qui ont eu des gestes de violence envers les femmes soient les premiers à mettre leur photo de profil en black.

 

Du black contre le black out.

Le complexe d’Icare d’Erica Jong

Isadora Wing, jeune New-Yorkaise séduisante et insolente, se trouve dans une situation embarrassante : alors qu’elle a peur en avion, là voilà embarquée à dix mille mètres d’altitude avec cent-dix-sept psychanalystes, dont sept l’ont eue comme analysante. Assis à côté d’elle, le septième est devenu son second mari. Bien qu’il l’ennuie terriblement, elle l’accompagne à Vienne où elle s’apprête à passer une semaine de séminaires fastidieux. Mais sa rencontre avec Alain Goodlove, un anglais au charme irrésistible, va bouleverser son voyage, son mariage et sa vie.

Érotique et littéraire, sensuel et intelligent, ce roman captivant a suscité une vive polémique lors de sa publication aux Etats-Unis en 1973, en plein mouvement de libération des femmes, et a valu à Erica Jong un succès international à seulement vingt-neuf ans. Erica Jong raconte les désirs, les fantasmes, les contradictions aussi de la vie sexuelle féminine. Le complexe d’Icare est un chef d’oeuvre comique qui reste d’une insolence monumentale. Il a été traduit dans le monde entier et vendu à plus de dix millions d’exemplaires.

La femme interdite (livre)

Comment aimer lorsque le corps s’y refuse ? Se ferme ? Impuissante comme l’on dit d’un homme qu’il est impuissant, Lila va décupler ses capacités d’amour, à la manière de l’aveugle avec ses autres sens, pour mieux vivre. Sur cette terre, chaque fois qu’un être se guérit, il soigne le genre humain. Et Delphine de Malherbe de briser, en empruntant au mode romanesque, la loi du silence sur ce mal qui touche des milliers de femmes.

Notre avis : Nous suivrons au cours de ces pages la lutte explosive qui prend corps dans celui de Lila. Le combat contre son corps qui se refuse, qui agit et réagit malgré elle. Personnage atypique et perturbant, Lila est une égarée.  Parfois violente et au langage cru, elle nous livre son vécu intérieur. A la fois perdue et combattante, elle cherche sans y croire tout en l’espérant, une issue.

Comme un vide en moi, de Moussa Nabati

« Je sens comme un vide en moi… » Comment interpréter ce qui nous arrive ? Pourquoi est-il si compliqué de jouir du présent ? Cet ouvrage permet de comprendre le sentiment de vide intérieur, depuis son origine dans les premiers liens mère-enfant jusqu’aux troubles qu’il engendre à l’âge adulte, et offre des pistes pour chacun à mieux vivre.

  • Décoder : les souffrances liées aux sentiments de vide et d’absence à soi-même : instabilité, mauvaise image de soi, angoisses, difficultés sentimentales…
  • Un ouvrage au plus près du vécu à partir de longs témoignages commentés et analysés.
  • Un guide pour agir et transformer son vide intérieur en source d’énergie.

Moussa Nabati est psychanalyste, thérapeute et docteur en psychologie. Auteurs de plusieurs ouvrages, il a notamment reçu le prix Psychologies pour Le bonheur d’être soi.

 

Notre avis : Grâce aux témoignages de ses patients et à un discours clair, Moussa Nabati nous éclaire sur le sentiment de vide et toutes les répercussions qu’il engendre dans l’adulte que nous sommes devenus.

L’inconscient expliqué à mon petit fils

Il n’est pas si simple de se représenter l’inconscient, comment il agit, comment il se manifeste. Vous me direz, c’est inconscient! Grâce au dialogue entre l’auteur et des enfants, ce livre nous éclaire. Les mots sont simples et les exemples nous parlent à tous !

La Guerre des étoilesTitanic, l’imaginaire des contes et légendes, le rêve, le comportement des animaux : c’est en s’immergeant dans l’univers mental des adolescents d’aujourd’hui que la meilleure spécialiste française de la psychanalyse et de son histoire donne corps à une réalité que l’on ne voit pas mais qui n’en détermine pas moins nos manières de vivre.

Une grande réussite pédagogique.

Historienne, Élisabeth Roudinesco est l’auteur de plusieurs livres qui ont fait date, notamment Histoire de la psychanalyse en FranceJacques LacanDictionnaire de la psychanalyse et Sigmund Freud en son temps et dans le nôtre (Prix Décembre, 2014).

Les Femmes Mal Aimées

de Mariela Michelena

« Je suis désolée… Ne t’inquiète pas… Ça ne m’arrivera plus… Je te comprends… »

Ce livre est dédié à toutes les femmes mal aimées. Des femmes qui pleurent un amour à jamais perdu. Des femmes fidèles à des partenaires inconsistants. Des femmes extraordinaires qui deviennent des petites filles désespérées si leur homme ne les appelle pas. Des femmes combatives face à tous les défis, sauf pour se protéger de celui qui les fait souffrir. Des femmes prêtes à attendre et attendre toujours…

Dans un style simple et direct, la psychanalyste madrilène Mariela Michelena s’adresse à chacune de ces femmes, lui montrant comment reprendre les rênes de sa vie et aimer, tout en se sentant heureuse d’être ce qu’elle est.

 

Aide-mémoire de Psycho-sexologie

La psychosexologie fait partie des fondamentaux que tous les professionnels de la santé confrontés dans leur pratique à la sexualité humaine et à ses interactions avec la santé physique et psychique doivent connaitre, quelle que soit leur profession de base.

Cet ouvrage s’appuie sur :

  • une rigueur scientifique,
  • de nombreuses références,
  • une expérience de praticiens sexologues, psychologues et psychiatres.

Il éclaire la part la plus profonde et la plus complexe de la prise en charge des troubles sexuels, de l’homme, de la femme et du couple. Il met en évidence l’originalité et la spécificité de la prise en charge des troubles sexuels dans son aspect pratique.

L’aide mémoire de psychosexologie, de Joelle Mignot, Patrick Blachère, Audrey Gorin, Cyril Tarquinio, 2ème édition, Dunod, 2018

 

La fin de la plainte de François Roustang

Que cherche un patient qui vient consulter un « psy » ? Il s’épanche, il se plaint, il dit vouloir changer. Mais comment faire ? C’est la question que se pose tout thérapeute, mais également chacun de nous, dès qu’il est confronté à une grande douleur, à une perte, dès qu’il en a assez. S’agit-il de chercher une écoute, une consolation pour mieux patauger dans nos « problèmes » ? Non, répond François Roustang. Il faut au contraire en finir avec la plainte, sortir de notre moi chéri, que nous cultivons avec nos jérémiades. C’est à cette condition que nous pourrons vraiment changer notre existence pour nous ouvrir enfin au monde et aux autres.

Philosophe et théologien de formation, psychanalyste, François Roustang est notamment l’auteur de Un destin si funeste et de Comment faire rire un paranoïaque?