Le Burn out

Définitions: pour le Larousse, c’est un syndrome d’épuisement professionnel. On retrouve une fatigue psychique et physique accompagnée d’un sentiment d’impuissance et de désespoir.

imagesLa définition la plus consensuelle concernant le burn out est celle de Schaufeli et Enzmann : «le burn out est un état d’esprit durable, négatif et lié au travail affectant des individus «normaux». Il est d’abord marqué par l’épuisement, accompagné d’anxiété et de stress dépassé, d’un sentiment d’amoindrissement de l’efficacité, d’une chute de la motivation et du développement de comportements dysfonctionnels au travail. Cette condition psychique est progressive et peut longtemps passer inaperçue du sujet lui-même. Elle résulte d’une inadéquation entre les intentions et la réalité professionnelle. Le burn out s’installe en raisons de mauvaises stratégies d’adaptation associées au syndrome, souvent auto-entretenu.»

L’origine de burn out : c’est aux USA que Bradley a lancé le mot, mot qui fut ensuite repris par Freudenberger, psychanalyste, en 1974. Il l’a utilisé pour décrire ce dont il a lui même était victime : « en tant que psychanalyste et praticien je me suis rendue compte que les gens sont victimes d’incendies, tout comme les immeuble (…) face à notre monde complexe, notre psychisme finit par se consumer et se détruire sous son effet malgré le côté intact à l’extérieur. »

C’est une pathologie «limite» dans le sens où elle se situe entre le monde extérieur et le psychisme. Elle est due à un dysfonctionnement entre le sujet et le monde extérieur. Il y a une potentialité psychique chez la personne mais une exigence extérieur vient la bloquer (en général, venant du monde du travail), et cette potentialité va se retourner contre le sujet lui-même. La cause serait un court-circuit entre les désirs internes du sujet et les souhaits du monde extérieur.

Ce n’est pas une question de position sociale, tout le monde est touché. Aujourd’hui, 3 000 000 de français seraient exposés : 12% des actifs, 23% des agriculteurs, 19% des artisans et des chefs d’entreprise, ainsi que 19% des cadres. Les femmes sont toujours plus nombreuses que les hommes dans toutes ces catégories. Le burn out étant lié à l’emploi, au monde social, les chômeurs également sont susceptibles de faire un burn out.

Les symptômes

Le burn out est un syndrome et non une maladie, on a du mal à la qualifier car les symptômes apparaissent en positif ou en négatif comme dans le cas de la fatigue: «je me sens toujours fatiguée» avec le paradoxe dans certains cas où la personne ne l’est jamais.

1) la fatigue : elle est sans commune mesure avec la charge de travail. La personne pourra dire « je me sens toujours fatiguée », avec le paradoxe dans certains cas où la personne ne ressent jamais aucune fatigue.

2) la chute de l’estime de soi: un sentiment d’inutilité envahit le sujet. Il se met à penser qu’il n’y arrivera jamais (ceux qui n’ont pas de postes importants ne peuvent se raccrocher à l’image que leur renvoie leur position au sein de l’entreprise). Le narcissisme est touché de façon plus intense que dans la dépression. Ce signe est également à double sens car dans d’autres cas, le narcissisme est exacerbé avec des personnes qui auront le sentiment d’être indispensable « sans moi, les choses ne vont pas fonctionner ».

3) le désespoir : avec l’idée que cela ne passera pas.

4) un épuisement psychique, une incapacité de penser : les personnes vont se plaindre que leur tête est vide, que cela ne circule plus à l’intérieur.

5) L’isolement avec l’entourage : tendance à s’éloigner de ses proches.

6) Le désintérêt pour tout: le monde étant trop charger, trop excitant et stimulant, ils finissent par bloquer toute potentialité de communication avec les autres alors que cela pourrait leur permettre de ré-investir d’autres activités et relations que le travail.

7) troubles psychosomatiques et physiques : les troubles psychosomatiques ne sont pas une si mauvaises choses ici, cela veut dire que les affects trouvent encore un moyen de s’exprimer et que le corps continue à se battre (c’est plutôt un bon signe sauf si cela est chronique).

8) La tentation d’en finir : si le déprimé peut en jouer, ici, la personne n’en parle pas et risque de passer à l’acte (ce qui est congruent avec le retrait vis à vis des proches).

9) les comportements à risque

10) le sujet ne voit rien venir et nie les signes d’avertissement : là encore c’est une différence avec la dépression. Les sujets ne voient pas qu’ils s’enfoncent peu à peu. Ils ont une conviction interne que cela ne dépend que d’eux (« je vais m’en sortir et gérer »), alors que le déprimé est tourné vers l’extérieur (« on ne m’aime pas », « les autres ne veulent pas que je réussisse »). Ce sont des gens qui ont une haute estime d’eux même et se disent qu’ils ont la capacité de s’en sortir. Cette croyance en leurs capacités fait que ce sont des gens qui ne viennent pas beaucoup consulter.

Les signes sont très variables d’un sujet à l’autre, ils peuvent également s’inverser. C’est leur assemblage dans un contexte professionnel qui permettra le diagnostic de burn out.

Origine immédiate

– L’exaltation de la performance individuelle : le sujet vit dans un contexte où la performance est au centre du système, à tout prix.

– La disparition de la relation transversale au profit de la relation verticale : peu à peu la relation horizontale s’est émiettée (le groupe de collègues), au profit du patron qui pourtant ne respecte pas l’autre, le patron vise la tâche à accomplir, la performance et non le sujet en tant que tel (« vous ne m’intéressez pas si vous ne décrochez pas le marché, vous êtes remplaçables »). Au niveau des collègues, il va régner la rivalité et la compétition individuelle pour répondre aux exigences du patron, et non l’entraide (d’où l’émiettement des relations horizontales).

– Une souffrance éthique : c’est à dire une souffrance vis à vis de ses idéaux, des choses qu’on est obligé de faire mais qui sont en désaccord avec nos idéaux, c’est donc source de souffrance morale. Demander de renoncer à ses idéaux rejoint les situations de harcèlement moral.

– Lorsqu’une entreprise suscite des burn out, les autres restent dans le silence : la tendance à s’isoler des sujets faisant en burn out fait écho au silence des autres dans l’entreprise.

– Un investissement trop intense, sans limites, totalitaire du travail : au départ, ils investissent d’autres choses que le travail mais peu à peu il n’y aura plus que cela qu’ils investiront.

2- Le point de vue psychologique

Dans le cas du burn out, l’affect qui prédomine est la culpabilité. Elle est centrale : si je suis coupable, je ne suis bon qu’à être jeté au feu ( punition d’aller brûler en enfer = burn out). C’est l’idée que la culpabilité va mener le sujet à la destruction. Ce sont de sujets qui ont une culpabilité énorme avant que tout cela n’arrive et c’est sur cette culpabilité que peuvent jouer les patrons. Les personnes qui culpabilisent en général beaucoup sont des proies toutes trouvées pour le burn out car elles réagissent toujours comme si elles étaient coupables. Cette culpabilité va amener le sujet à penser « je ne suis bon à rien ».

Le sujet : il est désinséré, il n’est plus dans l’intersubjectivité, et c’est en nous parlant à nous, thérapeute, comme sujet qu’il pourrait se réinsérer dans l’intersubjectivité et travailler sur toute cette culpabilité. Le plus important est de ne pas rétablir une situation de domination car c’est ce qui risque de se rejouer dans la relation thérapeutique.

Le désir : lorsque quelqu’un s’est investit dans le travail à s’en rendre malade, c’est qu’il a confondu le désir projet avec le projet. C’est primordial de voir ce qu’il se passe autour de ce collage au travail.

L’idéal : il va cadrer le désir et lui permettre de trouver sa place, d’avoir des perspectives importantes. Lorsqu’il ne peut pas être respecté (comme dans les cas de burn out), cela devient tragique, l’idéal devient persécuteur et la culpabilité nous écrase.

Soigner un sujet atteint de burn out

Dans l’action directe (avant la thérapie, de l’extérieur) :

Tout doit être mis en place pour casser l’investissement totalitaire du travail (c’est suicidaire humainement et psychologiquement). C’est « confortable » pour le sujet car il n’a qu’une visée : tout investir dans le travail, sur une seule chose. Il faut inciter le sujet à avoir un hobby, de reprendre une vie de famille, inviter des amis ou encore remettre l’importance de la vie sexuelle au sein du couple. Il faut que le sujet se restaure un réseau (remise en mouvement de l’intersubjectivité) : c’est fondamentale que cela reprenne.

L’action psychique :

Il s’agit de débuter dans un premier temps une psychothérapie en face à face (il faut qu’ils puissent vider leur trop pleins avant de faire une analyse s’ils le désirent). Il y a des entendu réel de sa vie qui sont indispensables.

Il va falloir parler des idéaux et lui faire parler de ses idéaux, car le burn out est une attaque des soubassements éthiques de leur identité (liaison entre idéaux et identité).

Il s’agit d’aller interroger le désir et peu à peu travailler à dégager le désir de l’engagement professionnel avec lequel il a été confondu. Le désir projet ne doit pas être confondu avec l’engagement car c’est une façon de soumettre la vie psychique à une réalité matérielle. En effet, plus vous avez de possibilité moins vous êtes dépendants de la réalité qu’on vous impose.

La dépression, qu’est-ce que c’est?

L’état dépressif est une perturbation de l’humeur dans le sens négatif, celui de la tristesse, de la souffrance intérieure. Il peut survenir après un événement (comme la perte d’un proche), ou encore, sans raison apparente pour la personne (« je ne comprends pas pourquoi je suis aussi mal alors que tout va bien dans ma vie. »). Ce qu’il est important de prendre en comptedepression c’est qu’il existe différents degrés (intensité) de la dépression (légère, modérée et sévère), et que plus elle s’installe, plus il est difficile d’y faire face.

La première chose qui prend des allures pathologiques c’est le sommeil. Il faut avoir en tête que tous les symptômes ne s’expriment pas chez tout le monde, et selon la même intensité. Cet article ne concerne pas les troubles bipolaires (alternance de phases mélancoliques et de phases maniaques).

Pour parler d’état dépressif et non simplement d’émotions ou d’affects dépressifs, il faut que cette dépression de l’humeur atteigne une durée et une intensité telles qu’elles entraînent des conséquences constatables sur la vie psychique,  somatique et relationnelle.

Au niveau de l’humeur :

  • vision pessimiste de soi et du monde (par exemple autodévalorisation) ;

  • émoussement affectif (perte de plaisir et d’intérêt)

  • instabilité des affects (irritabilité, impulsivité, crises de larme)

Ralentissement de la pensée et dans le corps :

  • au niveau intellectuel, on pourra observer un ralentissement du débit verbal, des troubles de l’attention, de la concentration et de la mémoire ou encore une impression d’écoulement lent du temps.

  • Au niveau moteur, le corps se ralentit (lenteur de la marche, voix monocorde)

Les symptômes somatiques :

  • troubles du sommeil (éveil matinal précoce, troubles de l’endormissement…)

  • troubles de l’alimentation (anorexie ou hyperphagie)

  • troubles de la sexualité (baisse de la libido, impuissance et frigidité)

  • troubles somatiques divers (mal de tête, palpitations, constipation, douleurs musculaires, nausées, vertiges etc.)

Les différentes formes de dépressions

  1. Les dépressions « endogènes »

Ici, la personne se déprime sans qu’il y ait de rapport avec ce qu’elle vit. La raison est à rechercher dans l’histoire du sujet, en rapport à son vécu infantile. Quelque chose au sein du fonctionnement psychique pose problème sans que la personne en ait conscience.

  1. les dépressions réactionnelles

Elles sont en lien avec un événement extérieur : le deuil ; la dépression post-partum (après la naissance d’un enfant) ; la dépression du sujet âgé ; la dépression survenant à la suite d’une maladie organique.

  1. la dépression d’épuisement

C’est une forme particulière de dépression réactionnelle qui survient à la suite d’un surmenage émotionnel prolongé ou répété. L’évènement stressant est davantage un conflit permanent d’ordre familial, professionnel, moral mais dans tous les cas les tensions émotionnelles qui sont en cause sont étroitement liées au milieu dans lequel vit le sujet.

  1. la dépression de l’adolescent et du sujet âgé

Chez l’adolescent, c’est particulièrement le décalage entre ses désirs et la réalité qui peut entrainer une dépression. Chez le sujet âgé, c’est le constat de la fin de vie à venir qui peut venir fragiliser.

  1. La dépression masquée

Elle est caractérisée par le « masquage » des symptômes dépressifs par d’autres symptômes :

  • dépression masquée somatique (les plaintes sont vagues concernant le corps et variables ; le peu d’anxiété rattachée à ces plaintes ; la normalité des bilans organiques et le déni farouche de toute dépression).

  • Masquée par des conduites alimentaires (anorexie, boulimie) ou conduites d’addiction (toxique, alcool).

L’idéal de fidélité

L’idéal de fidélité

Pas d’infidélité sans référence à ce qu’elle trahit ! Bien qu’il y ait eu des bouleversements dans le concept du couple et du mariage depuis ces dernières décennies, la fidélité reste une valeur centrale du couple, et nous continuons d’exiger de l’autre l’exclusivité. Alors d’où vient cette exigence si importante à nos yeux ?

Une exigence de fidélité contre la peur de perdre l’autre

Si l’importance de la fidélité découlait auparavant du besoin de certitude quant à la filiation, cela ne signifiait pas pour autant qu’on ne ressentait pas d’angoisses de perte ou d’abandon, mais l’absence de divorce les atténuaient certainement.

Aujourd’hui, nous observons un renfermement du couple sur lui-même (1). les relations deviennent très intenses et nous avons tendance à attendre beaucoup de l’autre. Lorsqu’une personne prend autant de place pour nous, l’une des conséquences est d’accentuer ce type d’angoisse. Nous pouvons ressentir très vite le sentiment de tout perdre si l’autre nous échappe. En bref, nous mettons tous nos œufs dans le même panier !

Ces peurs s’expriment à des degrés divers chez les uns et les autres, et surtout, elles ne sont pas forcément en adéquation avec ce qui se passe dans la relation : nous pouvons ressentir en permanence la crainte que l’autre nous abandonne alors que chaque jour il nous prouve à quel point il tient à nous. La peur renforce notre volonté de fidélité, et lorsque notre partenaire nous la clame haut et fort, il nous assure d’être unique et spécial.

Les idéaux fondamentaux (2)

Si les angoisses nous amène à exiger la fidélité, elles n’expliquent pas pour autant ce qui fait d’elle une valeur aussi importante à nos yeux.

Il existe au sein de la psyché de chacun des idéaux fondamentaux et universels comme l’idéalisation de la vie humaine, de la vérité, de la fidélité ou encore de la beauté. Ces idéaux se distinguent de nos intérêts personnels car nous pouvons prendre des décisions en fonction d’eux alors que cela nous portera préjudice. Citons par exemple le cas de certains journalistes donnant leur vie pour que la vérité éclate au grand jour au détriment de leur propre vie.

Un idéal lié à nos origines

La fidélité peut être définie comme le maintien d’un lien avec un autre envers et contre tout, et elle prend sa source dans la première relation que nous nouons : « L’être humain idéalise très tôt le lien qui l’unit à sa mère au point de la considérer comme indispensable à sa survie et d’y voir la source des plus grandes satisfactions. » (2, P 203). C’est un fait établi que lorsque le nourrisson ne peut plus compter sur sa mère, il se laisse dépérir. C’est dire la puissance en jeu dans cet idéal fondamental puisqu’elle s’établit dans un contexte où elle est vitale pour le sujet. C’est le lien qui a été au départ de la vie que l’enfant sacralise, et sur lequel il estime pouvoir compter envers et contre tout. Et lorsque nous faisons appel à la fidélité dans nos relations amoureuses, c’est à cet idéal que nous faisons référence, à cette relation première.

Un idéal à la source de nos actions

Nous avons tous en nous des forces qui nous poussent à l’idéalisation, à tendre vers ces idéaux, car ils nous procurent des satisfactions. Cette poussée à l’idéalisation est par exemple très visible chez les adolescents qui se mettent pratiquement à déifier certains chanteurs ou actrices dont ils se disent « fan ». Si nous en jouissons le plus souvent en positif, il arrive que certains en jouissent en négatif… S’estimant parfois trahis dans leurs relations précoces, lorsqu’ils étaient enfants, ils peuvent attaquer la fidélité en permanence, et notamment dans leurs couples. C’est donc bien toujours en référence à cet idéal qu’ils agissent mais en négatif, pour le bafouer, le transgresser, le maltraiter et finalement, par leurs actes, mettre en scène et dénoncer la trahison dont eux-mêmes ont été les victimes.

Même l’infidèle réclame la fidélité ! (3)

Doug et Zoé sont mariés depuis plusieurs années, et parents de deux enfants. Zoé, femme très énergique, en dépense beaucoup pour son travail et pour sa famille (ses parents, ses 5 sœurs et leurs enfants), et consacre de moins en moins de temps à Doug. Il a l’impression de passer inaperçu, et il se sent de moins en moins à sa place auprès de sa femme. Seules les relations sexuelles lui permettent de se distinguer de toutes ces personnes, mais plus il essaie de raviver la flamme entre eux, plus cela le déprime de constater tous les efforts qu’il doit fournir pour y arriver.

Il se met alors à regarder ailleurs et rencontrera Naomie avec qui il aura une liaison qui va durer 5 ans. La liaison prend fin au moment où Naomie entretient une autre liaison. Rongé par la jalousie, il se met à penser à elle dans les bras d’un autre homme et cette pensée va tourner à l’obsession. Doug exige la fidélité dans un espace régi par l’infidélité, il exige cette fidélité de la part de sa maîtresse alors que lui-même ne peut la respecter avec sa femme.

France Bernard

1. F. Bernard, L’infidélité au fil du temps (article 1 de la thématique sur l’infidélité)

2. G. Bonnet, Les idéaux fondamentaux, Presses Universitaires de France, 2010

3. E. Perel, L’intelligence érotique, faire (re)vivre le désir dans le couple, Editions Robert Laffont, Paris, 2007 (pp 273-300)

La rencontre amoureuse

La rencontre amoureuse

 » A chaque instant de la rencontre, je découvre dans l’autre un autre moi-même. »

Roland Barthes

Le début d’une relation est souvent le moment d’un bonheur intense. Cette phase est souvent appelée lune de miel. C’est une période de passion pendant laquelle plus rien d’autre n’existe. Moment où l’on s’imaginerait vivre d’amour et d’eau fraîche. On y retrouve les émois de l’adolescence, cette période où tous les sentiments se vivent de façon exagérée, du drame à l’exaltation. Mais quel destin après la passion?

La passion

Dans les tous premiers temps de la relation amoureuse, nous avons tous pu ressentir le sentiment d’avoir trouvé LA bonne personne. Celle qui comblerait tous nos désirs et toutes nos attentes, avec qui nous souhaiterions passer tout notre temps et parfois le reste de notre vie (1). C’est la passion amoureuse.

Cet état de passion se ressent dans notre vision du monde : tout nous parait plus beau, plus facile, la musique résonne en nous de manière plus intense… L’exaltation des sentiments, ce désir de fusion avec l’autre, entraine un retrait du monde extérieur. Plus rien d’autre n’existe. On voit beaucoup moins ses amis, on part plus tôt du travail ou parfois on s’en désinvestit… Si nous ressentons qu’un autre peut combler toutes nos attentes, pourquoi chercher ailleurs?

Lorsque nous vivons des états émotionnels intenses ou que nous voyons les autres les vivre, nous pensons souvent à l’adolescence, à la nôtre, et aux bouleversements qui l’accompagnent. L’adolescence est cette période de vie où le bouillonnement pulsionnel est intense, la passion alterne avec la haine, l’idéalisation avec la désidéalisation brutale. Bref, le tout ou rien.

Dans un couple d’adolescents, la séparation pour de simples vacances peut être vécue de façon « dramatique » avec l’apparition de mouvements dépressifs due à l’absence de l’autre.

L’idéal perdu impossible à retrouver…

Ce fantasme d’avoir trouvé l’objet « parfait » remonte au premier temps de la vie. Observer une mère avec son nourrisson, c’est voir une dyade où une personne concentre toute son attention sur les moindres besoins de son nouveau-né, les moindres bruits émis par celui-ci sont analysés par elle… Finalement, quelqu’un présent pour notre bien-être et notre satisfaction, sans réciprocité… Un paradis perdu.

C’est la réactivation de ce fantasme qui explique ce que nous pouvons ressentir au début d’une relation amoureuse. Seulement, il n’y aura jamais de commune mesure entre l’aspiration idéalisante, l’idée qu’on a de la relation et l’objet ou la personne qui l’incarnera dans la réalité. Cette inadéquation radicale est source d’une grande insatisfaction.

Le corps passionné 

Pourquoi peut-on réellement vivre d’amour et d’eau fraîche lors de cette lune de miel? Car si notre psychisme se met à flamber, le corps également. Durant cette période, le cerveau réagit au choc amoureux. Il va se mettre à sécréter des neurotransmetteurs qui nous ne ferons plus ressentir la faim, la fatigue, finalement tendront à éteindre nos besoins. La libération d’endorphines nous procurera du plaisir, les amphétamines vont stimuler l’activité cérébrale et diminuer notre besoin de sommeil et la sensation de faim, ou encore la noradrénaline qui provoque l’hyperactivité et le débordement d’énergie tout en réduisant le besoin de sommeil et l’appétit.

Dans le choc amoureux, le corps réagit de la même manière qu’en période de stress. Initialement, le stress était destiné à pouvoir prendre la fuite, il déclenche une augmentation de la fréquence cardiaque, une inhibition des récepteurs à la douleur, et plus globalement une extinction de tous les systèmes qui ne sont pas nécessaires à l’organisme pour survivre en boostant ceux permettant d’optimiser la fuite. Si on ne se sent pas de surmonter cette situation de stress qu’est le choc amoureux, le corps est prêt à fuir.  Pour le corps, comme pour l’esprit, Il y a donc véritablement un danger à la passion et à la rencontre amoureuse.

Rester ensemble? Les trois destins de la passion

Lorsque la passion continue au sein du couple, elle tend vers l’autodestruction, le tragique, le corps n’en peut plus, l’esprit est à bout, mais on ne peut pas se quitter….  On entre alors dans un cercle infernal.

Une fois la lune de miel terminée, c’est peut être également la fin du couple. La réalité reprend ses droits et l’on se rend compte que nous ne sommes pas faits pour être ensemble. C’est le temps de la désillusion.

Enfin si nous restons ensemble, c’est que finalement nous avons fait le deuil de l’idéal du ou de la partenaire que nous avions imaginé, c’est que nous acceptons que l’autre n’y corresponde pas. Lorsque l’état de passion amoureuse s’estompe, apparait alors la tendresse et ce que l’on pourrait appeler l’amour véritable (2).

France Bernard

1 – Francesco Alberoni, le choc amoureux, Pocket, 1993

2 – Philippe Brenot, Un jour mon prince viendra : Rencontrer l’amour et le faire durer, Éditions des Arènes, Paris, 2014

L’intelligence érotique

L’intelligence érotique

Faire (re)vivre le désir dans le couple

                                                           D’Esther Perel

lintelligence-erotique-desther-perelL’amour à besoin d’intimité. Le désir, de distance. Accepter l’incertitude et l’inconnu mène à une libido libérée. Esther Perel balaie les clichés, redistribue les cartes de l’érotisme et de la poétique sensuelle. 

Et nous invite à chasser le chastement correct de nos chambres. 

Sans tabous, elle réconcilie désirs et vie domestique et remet un peu de « X » dans le sexe. 

Esther Perel, thérapeute du couple et de la famille à New-York, est très présente dans les médias américains. Membre de l’Académie américaine de thérapie familiale, elle a longtemps travaillé sur le programme international d’études des traumatismes à l’université Columbia. 

Le couple, le désirable et le périlleux

Le couple, le désirable et le périlleux

                                     de Robert Neuburger

Pourle couple robert neuburgerquoi se met-on en couple et pourquoi désire t-on avoir un enfant? La réponse est moins évidente qu’on ne le croit, puisque la mise en couple fait généralement tanguer la relation amoureuse et que le désir et l’arrivée de l’enfant mettent souvent en péril le couple lui-même. Qu’est-ce donc qui nous pousse à prendre à chaque fois le risque du déséquilibre et de la rupture? Qu’est ce qui nous appelle? Et que nous dit de la société ce curieux comportement? 

Dans ce nouvel essai pétillant où tout est affaire d’équilibre et d’anticipation, Robert Neuburger prône la liberté de choisir, la créativité, la responsabilité personnelle, l’émancipation par rapport aux normes, et rappelle que les couples qui durent sont toujours ceux qui aiment… l’aventure. 

Un livre simple et pragmatique pour tous ceux qui s’interrogent sur la question du couple, sur la façon de faire couple, d’être dans un couple, avant et après les enfants, un livre peut-être pour éviter de rêver au couple trop parfait?

Les mots pour le dire, Marie Cardinal

La jeune femme que nous découvrons dans Les mots pour le dire est un être physiquement et moralement désemparé, au bord de la folie. Jusqu’au jour où elle se décide à confier son destin à un psychanalyste. Il s’agit d’un cas vécu, particulièrement pénible. Fasciné, le lecteur subit la puissance de ce livre où se manifestent le tempérament d’une femme et le talent d’un écrivain. 

Notre avis : Il est parfois compliqué d’expliquer la psychanalyse, à quoi elle sert, comment elle se déroule et surtout comment le fait de parler va t-il nous amener en dehors de nos souffrances. C’est que la psychanalyse se vit, comme chaque expérience humaine. Marie Cardinal nous offre ici une fenêtre sur ce monde. Elle nous livre sa vie, et son passage sur le divan d’un. Je recommande ce livre pour tous ceux à la recherche du sens caché, aussi bien de leurs souffrances que de ce qu’ils sont eux-mêmes, tout comme de véritable changement intérieur.

Voir commentaires et critiques du livre sur  Babelio

Les mots pour guérir

Les mots pour guérir

                               De Gérard Bonnet

les mots pour gue rir ok_PBP« Je n’avais jamais dit une chose pareille, je ne sais pas comment cela m’est venu à l’esprit », « Ce que je viens de dire m’a totalement bouleversé sans que je l’aie vu venir »…

Les mots pour guérir, la psychanalyse en sait quelque chose, c’est même sa première raison d’être. 

Mais quels mots? Dans quelle relation, dans quel cadre vont-ils pouvoir prendre place, et avec quelle écoute? Pourquoi sont-ce en premier lieu les mots de la personne souffrante qui comptent? Comment les faire surgir de nos forces les plus profondes, au moment opportun, pour qu’ils soient bénéfiques? 

Gérard Bonnet est psychanalyste, membre de l’Association française de psychanalyse et directeur de l’Ecole Propédeutique à la connaissance de l’inconscient. 

Au diable la culpabilité!

Au diable la culpabilité !

                                       D’Yves-Alexandre Thalmann

La culpabilité est un sentiment aussi répandu que pénible à vivre. Sain, lorsqu’il survient en réaction à une faute, il peut aussi devenir pathologique et envahir notre existence. Et si, contre toute attente, il y avait une bonne raison à cette culpabilité qui nous empoisonne la vie ? C’est ce que découvre celui qui ose aller au bout de la culpabilité : elle nous conforte dans l’illusion de notre toute-puissance. Se sentir coupable, c’est paradoxalement éprouver un sentiment de contrôle sur le monde et les autres ! Ainsi, ce n’est pas en luttant contre notre culpabilité que nous réussirons à l’éradiquer, puisqu’elle nous sert de protection. Elle disparaît d’elle-même au moment où nous acceptons notre angoissante absence de pouvoir sur autrui. Grâce à ce lâcher prise, nous devenons alors capables de dissocier exactement notre responsabilité de celle des autres dans nos relations. Et nous découvrons que nous ne sommes pas responsables de leur bien-être. Quelle liberté lorsque nous déposons enfin les fardeaux qui ne nous appartiennent pas ! Ce livre, illustré par de nombreux exemples tirés de la vie quotidienne, entraîne le lecteur au plus profond du sentiment de culpabilité. Il démontre que les recettes destinées à faire taire la culpabilité sont souvent inefficaces à long terme. En affirmant que la culpabilité et la toute-puissance sont deux aspects d’une même réalité, l’auteur apporte un éclairage original sur nos motivations les plus inconscientes en même temps qu’il livre des moyens concrets pour travailler sur la culpabilité et la dépasser.

Après un doctorat en physique des particules, Yves-Alexandre Thalmann s’est (dés) orienté vers les domaines de la psychologie et du développement personnel. Il s’est formé en France, en Belgique et au Québec avant de compléter une licence en psychologie à l’Université de Fribourg. Auteur du programme Clés pour la Communication (destiné au développement des compétences interpersonnelles), il exerce actuellement en Suisse Romande comme formateur en communication interpersonnelle et intelligence émotionnelle. Il est l’auteur de nombreux livres à succès sur la communication.

Un jour mon prince viendra

Un jour mon prince viendra : rencontrer l’amour et le faire durer

De Philippe Brenot

un-jour-mon-prince-viendra-de-philippe-brenot« Impossible de vivre sans prince. Pas facile de vivre avec. Telle est la leçon de ce livre. » Boris Cyrulnik

Même à l’heure des sites de rencontres et de l’égalité entre les sexes, le mythe du Prince Charmant nourrit notre imaginaire. Cette idéalisation place de nombreuses femmes en position passive, et dans l’impasse. Car pour tomber amoureux, il faut apprendre à être soi et à accepter l’imperfection.

Philippe Brenot donne dans cet ouvrage les clés pour une rencontre vraie, qu’il a pu vérifier au cours des trente ans à côtoyer et accompagner des couples. Il raconte de vraies et belles histoires d’amour, de celles qui nous inspirent, et confie les secrets qui permettent aux couples de durer. Car si aimer et être aimé est une question de disponibilité, c’est aussi un apprentissage. Ce livre s’accompagne d’une enquête inédite de l’Observatoire international du couple sur la rencontre amoureuse.