Surmonter un chagrin d’amour et en sortir grandi (livre)

Surmonter un chagrin d’amour et en sortir grandi

Les clefs pour s’en remettre et retrouver confiance

De Catherine Audibert

« Nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre la douleur que lorsque nous aimons » disait Freud. Et il avait raison. Les chagrins d’amour peuvent être des plus douloureux. Ils nous replongent dans des peurs et des peines d’abandon infantiles.

Perdre l’amour, ce n’est pas seulement perdre l’autre, c’est se perdre aussi un peu (beaucoup) soi-même. Certains se consolent vite, se réparent, et peuvent aimer à nouveau. Pour d’autres, les gouffre est plus profond. C’est à travers des exemples et de nombreux témoignages que Catherine Audibert parcourt ce chemin intime, singulier et universel à la fois de l’amour et du mal d’amour. »

le petit Larousse de l’entente sexuelle

Pour une sexualité de couple épanouie

Comment se libérer de ses inhibitions et avoir plus confiance en soi ? Comment nouer une relation plus à l’écoute du désir de l’autre ? Comment mieux s’aimer ? Quelles sont les positions qui procurent le plus de plaisir ?…

Ce guide, illustré par de nombreuses photographies et riche en témoignages, deviendra votre livre de chevet et vous aidera à avoir une vie sexuelle plus épanouie.

« C’est le sexe qui fait la différence entre des amants et de simples amis. Une relation de couple signifie bien plus qu’une simple connivence (…) cela dit, partager une sexualité de couple réjouissante est un objectif plus ambitieux qu’il n’y paraît. Vous trouverez peut-être que les préliminaires sont trop courts, ou que votre partenaire manque d’audace.

Avec une vie professionnelle bien remplie et des enfants, comment préserver une intimité sensuelle et voluptueuse avec votre partenaire, qui vous enthousiasme, vous passionne et vous épanouisse ?

En tant que sexologue et thérapeute de couple, cela fait 20 ans que j’aide les hommes et les femmes qui viennent me voir à trouver des réponses à leurs attentes, des solutions à leurs difficultés. Quels que soient leur âge, leur histoire familiale, leur situation de famille et leur profession, je leur donne des conseils pratiques. Certains de mes patients ont été victimes d’abus sexuels, d’autres ont vécu une relation extraconjugale, d’autres encore cherchent à comprendre leur orientation sexuelle et leur libido, sans compter ceux qui ignorent tout de l’anatomie et du fonctionnement de leurs organes génitaux. Mais tous ont besoin d’amour et de tendresse (…). »

Laura Berman

Osez… découvrir le point G, d’Ovidie

A la recherche du mystérieux point G

Cette zone, située sur la paroi interne du vagin, est une source infinie de plaisir, pour qui sait l’apprivoiser. Ovidie répond ici à toutes les questions que l’on peut se poser à ce sujet : où se trouve le point G ? Quelle est sa texture ? À quoi ressemble-t-il ? Y a-t-il réellement des femmes « vaginales » et des femmes « clitoridiennes » ? Comment, enfin, provoquer l’une des manifestations les plus spectaculaires du plaisir : l’éjaculation féminine.

Ancienne actrice et réalisatrice, Ovidie est l’auteure de nombreux guides de la collection Osez, pleins de bon sens et de sensibilité : Osez les sextoysOsez tourner votre film X et La Sexualité féminine de A à Z.

Les 200 clitoris de Marie Bonaparte, Alix Lemel

À quoi rime cette histoire de « 200 clitoris » ? Et pourquoi le nom de Marie Bonaparte lui est-il attaché ?
« Deux cents clitoris », c’est l’échantillon que la princesse de Grèce dit avoir constitué pour son étude morphologique destinée à valider sa thèse sur la frigidité féminine : contre la théorie de Freud sur la sexualité, elle entend démontrer en 1924 dans son article « scientifique » signé A. E. Narjani que les causes en sont anatomiques.
Marie Bonaparte sait que Freud tentera de défendre sa théorie. Elle souhaite en découdre avec lui. Il foncera dans le piège.
À la manière d’une enquête policière, psychanalytique et littéraire, Alix Lemel raconte ce qui s’est joué dans la troublante relation entre Marie Bonaparte et Freud.

Alix Lemel n’est pas psychanalyste et ne connaît Freud et Marie Bonaparte que par les livres. Sa curiosité l’entraîne à s’étonner de petits détails qui lui paraissent sonner faux. Elle s’attache à comprendre (ou à imaginer) ce qu’ils peuvent dissimuler. Les 200 clitoris de Marie Bonaparte est son premier livre publié.

La sainte folie du couple

La sainte folie du coupleApprendre à vivre ensemble

                                                                  de Paule Salomon

Du couple, nous connaissons souvent une histoire d’amour passionnelle ; une histoire de famille, de parents et d’enfants ; une histoire de conflit où deux êtres s’affrontent sans se comprendre.

Paule Salomon analyse en 7 étapes la relation homme-femme et son évolution, qui mène du « couple archaïque » au « couple éveillé », vivant l’amour en pleine conscience.

A l’aide de cas concrets, et forte de son expérience de thérapeute, elle montre les éceuils, les frustrations, les rapports de force qui peuvent être dépassés par une analyse de soi, une écoute attentive de ses désirs et de ses paradoxes.

Les mécanismes de la jalousie

Nos rencontres nous apportent du plaisir, c’est bien pour cela que nous cherchons le contact avec les autres. Rendre service, discuter avec un ami d’un sujet qui nous passionne ou encore aimer plaire aux autres et capter leurs regards sont autant de buts que nous cherchons à satisfaire dans nos relations.

Lorsque le jaloux s’insurge des échanges que sa partenaire a avec les autres, c’est qu’en effet il perçoit qu’elle prend du plaisir avec d’autres que lui ! Seulement, il se trompe alors de scène…

Le sexuel en société

Dans toutes relations (amicales, professionnelles), il y a du sexuel. Les relations en sont infiltrées. Lorsque nous parlons de « sexuel », c’est pour désigner la source de la pulsion qui recherche la satisfaction, satisfaction qui ne se résume pas à la relation sexuelle, mais se décline de nombreuses manières : être vu, être écouté, briller etc.

Le jaloux n’a donc pas tout à fait tort, c’est à dire qu’il perçoit les coulisses, l’envers sexuel de la réalité sociale. Tout comme il n’a pas complètement tort lorsqu’il reproche à l’autre de désirer ailleurs. Seulement alors, il ne fonctionne plus sur un plan de la réalité extérieure mais sur le plan fantasmatique et inconscient. 

La tyrannie du jaloux

La jalousie peut s’exprimer par une simple remarque du partenaire sur une sortie avec des amis et aller jusqu’à la dispute et la crise de jalousie. Certains couples sont coutumiers de ce type d’échanges. 

Le jaloux qui aime et désir sa partenaire exige en retour, pour cet amour, d’être lui-même désiré et aimé. Seulement cette exigence est tellement forte qu’il en vient à ne plus reconnaître ce même droit à l’autre et finit par se comporter comme un tyran.

Dans certains cas, il peut lui même pousser l’autre à l’adultère : emprisonné(e) par la jalousie de l’autre, l’adultère peut être une solution « trouvé(e) » pour s’extraire de ce schéma, passage à l’acte qui symbolise une affirmation de soi.  

Fiction et illusion dans la réalité

La fascination exercée par la jalousie et sa présence récurrente dans les œuvres sont à la mesure du désir de réaménagement de la réalité qui nous fait tant aimer les histoires.  Et le jaloux en est un inventeur génial, en même temps qu’un consommateur effréné : s’enfermant dans un cercle vicieux, il en créer et s’en nourrit sans fin. Il se met à imaginer la réalité elle-même. 

La jalousie est avant tout une fiction que le sujet entretient et nourrit, fiction qui devient alors objet de souffrance et de torture.

L’exemple d’Othello(1) est assez parlant puisque Iago va lui proposer une interprétation des faits complètement erronés concernant son épouse : il va revisiter chaque geste, parole ou sourire pour en proposer une version différente. Othello va peu à peu y adhérer, et chaque élément de la réalité sera interprété sous l’œil de la méfiance et du soupçon.

Souffrance et jouissance  

La liaison entre souffrance et jouissance est bien mise en lumière dans l’article d’Alain Valtier (2). Le patient imagine sans cesse sa nouvelle compagne avec son ancien amant avec qui pourtant elle n’est plus en contact : « je n’ai jamais douté une seconde de son amour, mais je suis horrifié des rejets qui me viennent quand j’imagine leurs jeux érotiques. Je me fais des scénarios fabuleux, c’est infernal, je baigne dans le fiel, c’est plus fort que moi. Leurs ébats me sont autant insupportables qu’inoubliables. »

L’emploi du terme « scénarios fabuleux » montre bien la dimension de plaisir pris dans la souffrance. Le jaloux s’imagine souvent qu’un autre homme serait un meilleur amant qu’il ne l’est lui-même. Toutes ces pensées sont à la fois source d’une très grande souffrance, tout comme une source d’excitation physique lorsque le sujet y pense sans relâche et s’en trouve complètement prisonnier. Othello tuera Desdémone pas seulement pour la punir de son infidélité imaginaire, mais aussi pour se libérer du système dans lequel il est enfermé. 

France Bernard

1- W. Shakespeare, Othello, ed. Librio, 2003

2 – Alain Valtier, Jaloux! Moi, Jamais, In Patrick de Neuter et al., Clinique du couple, 2007, pp 149-166


Livre : La névrose obsessionnelle

La névrose obsessionnelle

                                                                                                   de Catherine Couvreur

L’évolution contemporaine des traitements donne une grande acuité aux questions pratiques et théoriques que pose la névrose obsessionnelle : en psychiatrie celle de savoir quelle place laissent à la psychanalyse les traitements chimiothérapiques et comportementaux, en psychanalyse celle de l’opportunité du démembrement du cadre nosographique créé par Freud. Ce livre explicite l’essentiel des conceptions psychanalytiques de la névrose obsessionnelle, en les situant dans le cheminement de la réflexion de Freud, ainsi que dans l’évolution ultérieure, telle qu’elle résulte notamment de la confrontation de la psychanalyse aux états limites, aux perversions, aux psychoses, et aussi aux formes de l’enfant et de l’adolescent dont le traitement peut avoir valeur préventive. Les diverses contributions à cet ouvrage ouvrent de nouvelles perspectives dans plusieurs directions : les modalités de la régression pulsionnelle, les caractéristiques du fonctionnement psychique et de la pensée, mais aussi, notamment, les notions d’analité primaire, de relation d’emprise maternelle et de désir de savoir. Les divers chapitres de ce livre ont été écrits par des psychanalystes, auteurs de nombreux travaux, membres de l’Association psychanalytique internationale, les uns de la Société psychanalytique de Paris, les autres de l’Association psychanalytique de France.

La névrose obsessionnelle

La névrose obsessionnelle est définie par l’association d’une personnalité obsessionnelle à des symptômes obsessionnels qui peuvent être de deux types : les pensées obsédantes et les rituels, les compulsions.

La névrose obsessionnelle se définit par le caractère forcé (compulsionnel) de sentiments, d’idées ou de conduites qui s’imposent au sujet et l’entraînent dans une lutte inépuisable, sans qu’il cesse pourtant de considérer lui-même ce parasitisme incoercible comme dérisoire. D’où dans le caractère une lutte et une conscience de la maladie. Dans l’obsession, la pensée est « assiégée » par des idées (les idées obsédantes) et le sujet va tenter de s’en défendre par des actions (rituels).

Mais la névrose obsessionnelle doit se définir aussi par la structure propre de la personne de l’obsédé, entièrement soumise aux obligations qui lui interdisent d’être lui-même.

La névrose obsessionnelle se constitue progressivement et le plus souvent à la puberté ou au moment où se posent les problèmes importants de l’existence. C’est presque toujours -comme la plupart des névroses- quand il se trouve face aux problèmes fondamentaux de l’amour et de la coexistence avec autrui que le sujet déclenche inconsciemment son système d’interdiction obsessionnelles.

Rappelons que les traits de caractères répondant à la névrose obsessionnelle se rencontrent sous forme atténuée, en l’absence de symptômes précédemment décrits.

Résumé de la névrose obsessionnelle:

1. Une personnalité obsessionnelle (nous la décrirons plus loin)

2. Les symptômes

  1. le sujet est envahi par des idées obsédantes qui s’imposent à lui malgré : c’est la pensée compulsionnelle.

  2. il a tendance à des actes agressifs, impulsifs particulièrement redoutés ou non désirés : c’est l’activité compulsive. Le malade se plaint en effet de « ne pouvoir se retenir » qu’à grand-peine de se laisser aller à un acte qu’il ne veut pas commettre. Que l’acte soit ridicule, odieux, grotesque, sacrilège ou criminel, il est toujours un acte chargé d’agressivité contre le sujet ou contre autrui et c’est parce qu’il ne doit pas se faire que l’obsédé se trouve dans l’obligation de l’accomplir. Le plus souvent, c’est seulement à titre d’ébauche presque symbolique.

  3. Il se sent forcé à accomplir des actes répétitifs de caractère symbolique : ce sont les rites de la pensée magique (toucher trois fois une porte en pensant qu’un malheur arriverait s’il ne le faisait pas).

  4. Cette lutte épuisante est à la fois l’effet et la cause d’une grande fatigue psychique (psychasthénie).

=> L’ensemble de ces symptômes mérite le nom classique « d’obsession », car le malade s’assiège lui-même.

Les symptômes

  1. Le domaine de la pensée : les obsessions

Les obsessions sont des idées, des affects ou des images qui surviennent de façon parasite dans la pensée. Elles s’imposent de façon répétée et involontaire à la conscience du sujet. Le sujet reconnaît cette pensée comme sienne malgré son caractère absurde, pathologique et egodystonique (conscience du caractère inadaptée des conduites).

La lutte anxieuse, déclenchée par des telles idées, tend à envahir l’activité mentale du sujet. Le sujet est alors assailli de doutes, de pensées magiques, de ruminations interminables et enfin de rituels de plus en plus envahissants.

Les obsessions peuvent être la conséquence :

  • D’une idée, d’une image mentale qui entraînent une rumination permanente : obsessions idéatives. Les idées sont d’ordre religieuses, morales, agressives… Les images mentales ou les mots sont obscènes, dégoûtants ou encore absurdes. Les conséquences de telles interrogations entraînent le patient dans des ruminations sans fin, des scrupules perfectionnistes, une vie uniquement imaginaire. La folie du doute, par exemple, amène le sujet à douter de la responsabilité de ses actes ou de ses idées présentes, passées et à venir.

  • d’une peur permanente d’une maladie, d’une contamination : obsession phobique. A l’inverse des symptômes de la névrose phobique, la peur existe en dehors de la situation ou de l’objet phobogène puisque seul intervient, dans l’obsession, la pensée.

  • d’une peur de commettre un acte répréhensible : obsessions impulsives.

Le thème des obsessions reflètent en partie les formations réactionnelles que le sujet développe contre son agressivité inconsciente.

On retrouve les thème de :

  • la moral : folie du doute, maladie des scrupules ;

  • religieux, sacré, métaphysique ;

  • ordre, symétrie, précision, cloisonnement topographique ;

  • pureté, soucis de protection corporelle contre les contaminations, les souillures

  • sexualité : homosexualité, rapports sexuels pervers ;

  • agressivité : peur d’être agressif envers soi-même ou les autres ;

  • écoulement du temps.

  1. Domaine des actes : les compulsions et les rituels

Le sujet se sent obligé de les faire pour réduire ou prévenir l’angoisse. Les compulsions et les rituels ont les mêmes caractéristiques que les obsessions, à la différence près que ce sont des actes et non des pensées que le sujet se sent obligé d’accomplir.

On retrouve le caractère absurde, ridicule voire immoral de l’acte que le sujet s’oblige à exécuter. Toutefois, à la différence des obsessions impulsives, l’acte n’a pas le même caractère ou dangereux pour le sujet ou pour l’entourage.

Les compulsions sont des actes répétitifs qui s’imposent au sujet et qu’il ne peut s’empêcher d’accomplir.

Les rituels et les vérifications sont des formes plus élaborées, plus complexes d’actes compulsifs. Ce sont des séquences d’actes élémentaires, portant sur des actions quotidiennes, que le sujet s’oblige à effectuer : habillage, toilette, coucher, défécation, cuisine etc.

La personnalité obsessionnelle

  1. L’élément psychasténique

La psychasthénie est une forme particulière de fatigue vécue à la fois sur un versant corporelle et psychique, mais résultant directement de facteurs psychologiques.

Cette asthénie résulte de la lutte intérieure intense du sujet, de son ambitendance (incapacité à faire un choix entre deux désirs, deux choix, deux décisions), mais également de la crainte de situation nouvelle qui risquerait d’entraîner de nouveaux débats ou luttes.

Elle forme la toile de fond de l’activité compulsive et elle est vécue habituellement dans une atmosphère subdépressive chronique expliquant le recours possible aux drogues et stimulants divers. Elle est également fortement culpabilisée.

  1. Le système compulsif

On retrouve :

  • une agitation psychomotrice : tics, stéréotypies, gestes conjuratoires ;

  • une agitation idéo-verbale : ruminations, litanies ;

  • phobies d’impulsion

  1. Les traits de caractères issus du conflit à l’intérieur du sujet

Les traits premiers du caractère sadique-anal sont :

  • la satisfaction au niveau du plaisir anal 

  • et l’agressivité sadique contre le dressage à la propreté.

De l’érotisme anal découlent les traits de caractères suivants :

  • obstination et entêtement ;

  • collectionnisme et difficultés à abandonner les objets ;

  • angoisse devant la séparation

  • saleté.

De l’agressivité sadique :

  • injures scatologiques ;

  • cruauté envers les faibles ;

  • rébellion contre l’autorité ;

  • tyrannie.

Mais la personnalité élabore des formations réactionnelles opposées à ces satisfactions dans la mesure où elles sont prohibées par une partie du sujet :

Contre l’érotisme anal :

  • Tendances aux cadeaux, résignation, soumission ;

  • Prodigalité (générosité) ;

  • Propreté excessive.

Contre l’agressivité sadique :

  • Politesse, obséquiosité ;

  • bonté, défense des faibles, justice ;

  • respect de toute autorité.

  1. Le rapport à la mort

Il a une peur importante de la mort. Tous les actes, les rituels et obsessions sont là pour contrôler le temps, et donc la mort.

A lire sur le sujet : La névrose obsessionnelle, de Catherine Couvreur (1993)

La jalousie, préambule

La jalousie est un sentiment humain vécu par tous mais qui n’a pas toujours bonne presse. Elle est à la fois susceptible de montrer à l’autre qu’on tient à lui, ou au contraire mener à des actes et des conduites extrêmes. On la retrouve dans un versant tragique sous la plume de Shakespeare où Othello va jusqu’au meurtre de sa femme ; ou plus quotidiennement au sein des couples au sujet de sorties nocturnes, de fréquentations etc.

Définitions

Dans une première définition, c’est un « sentiment hostile qu’on éprouve en voyant un autre jouir d’un avantage qu’on ne possède pas ou qu’on désirerait posséder seul » ; 

Une deuxième met l’accent sur l’idée de la perte et de la souffrance : « sentiment douloureux que font naître les exigences d’un amour inquiet, le désir de possession exclusive de la personne aimée, de la crainte de son infidélité. » 

Dans les deux cas, nous retrouvons l’idée de possession et de désir.

Bien qu’on pense plus souvent à la jalousie dans le couple, elle touche toutes nos relations sociales : de nos relations fraternelles, amicales, professionnelles à nos relations de voisinage.

Paul Laurent Assoun (1) dégage 4 traits chez l’amoureux(se) : le deuil, la perte (narcissique), l’agressivité et la culpabilité. 

Il y a effectivement l’idée d’une réaction à une perte, qu’elle soit réelle ou imaginaire. Le jaloux vit cette situation comme menaçante, prête à se produire, tout en créant et entretenant cette menace.  

La perte narcissique implique la revendication de son statut de victime, victime de sa partenaire tout comme de celui qui les sépare. 

L’agressivité est plus évidente, c’est à dire que le jaloux en veut à l’autre supposé détenteur de son objet et ayant infligé la blessure. 

La culpabilité, elle, est souvent inconsciente, et se développe à l’ombre de la culpabilisation consciente de l’autre. Il se tient pour en partie responsable, n’ayant pas tout tenté pour que la situation ne se produise. Il y a donc un fond d’auto-reproches. 

La jalousie « normale » 

Tout un chacun ressent de la jalousie à l’égard d’un autre : pour une voisine qu’on estimera plus jolie, ou pour un collègue de bureau de sa femme… Elle est tellement normale, que son absence dans certaines circonstances, parait à ceux qui en sont témoin comme étrange ou bizarre. Beaucoup se vantent dès lors d’être jaloux, comme si c’était une preuve d’amour (l’absence de jalousie serait vécue comme une indifférence pour l’autre). 

La jalousie vient du sujet lui-même, c’est une création de l’imaginaire : on s’imagine que l’autre possède plus que nous ou veut posséder quelque chose que nous avons. Et c’est portée par leur imaginaire que certains vont flamber sur ce terrain, s’imaginant alors que quelqu’un pourrait leur dérober ce qu’ils chérissent, quitte à pour cela, empoisonner la vie de la personne avec qui ils partagent leur vie pour se rassurer.

Son intensité peut être régulée par la réaction du partenaire : tantôt elle pourra apaiser la souffrance du jaloux, ou au contraire aggraver la flambée. Bien entendu, il ne faut pas oublier qu’elle est déjà là, en chacun de nous. La jalousie est un sentiment que nous éprouvons très jeune, et le vécu actuel tire sa source des expériences antérieures. La réaction du partenaire actuel ne fera que l’augmenter ou la diminuer.

                                                                                                                    France Bernard

1- Paul-Laurent Assoun, Leçons psychanalytiques sur La Jalousie, 2eme ed., Economica/Anthropos (voir Bibliographie)